Immobilier

Pourquoi il ne faut pas acheter sa résidence principale?

Pourquoi il ne faut pas acheter sa résidence principale?

Un fil ouvert sur le forum de l’excellent blog Esprit-Riche.com m’a donné l’idée de creuser la réflexion. Faut-il oui ou non acheter sa résidence principale?

Il n’y a pas de réponse-type car il n’y a pas de cas-type! J’ai pour ma part acheter à 3 reprises ma RP et je ne le regrette pas, étant donné que j’ai pu profiter de la forte hausse des prix en un temps record (plus-value de 40% entre avril 2003 et mars 2004 soit 11 mois – plus-value de 68% entre décembre 2004 et février 2006 soit 15 mois – le 3ème bien est toujours en ma possession, transformé en locatif).

_

Les croyances liées à l’achat de sa RP

  • Eviter de payer des loyers à fond perdu. La bonne blague! Vous pensez engraisser un bailleur alors que vous ne faites qu’acheter un service (vous loger) pour un prix correspondant (avec la liberté de changer de prestataire de service: déménager dans un autre appartement). Vous pensez investir votre argent (dans un patrimoine) plutôt que de le dépenser (dans une charge mensuelle, la plus lourde du budget des ménages) alors que vous ne faites qu’enrichir votre notaire et votre banquier, et régulièrement (j’ai personnellement pris mes quartiers dans 7 lieux différents ces 10 dernières années…).
  • Se construire un patrimoine. Admettons qu’au terme du crédit, la RP puisse être considérée comme un actif (au sens patrimonial, pas au sens du revenu dégagé, donc la notion est biaisée, mais admettons…): quel bénéfice en tirerez-vous sinon la transmission à vos enfants? Je vous renvoie à la théorie « mourez sans un sou » de « dépensez-tout, vivez heureux » mais surtout je m’interroge: vos enfants préféreront-ils hériter d’un bien au lourd passif émotionnel (qu’ils devront en plus se partager) ou d’un parc locatif qui leur rapporte des revenus immédiatement…!?
  • Choisir et façonner un bien à son image. C’est vrai en partie. Car « si on était chez soi », on abattrait telle cloison, on changerait tel revêtement…etc. Mais qui (le raisonnement est sans doute moins marqué pour les maisons que pour les appartements) le fait vraiment? Et qu’est-ce qui vous empêche de changer le papier peint de votre location (cet investissement rapporté sur la durée d’occupation est-il farfelu au regard du bien-être procuré…!?). Et que dire du choix par défaut lié au surcout de l’achat qui impose souvent de prospecter loin de la zone souhaitée initialement (la 2ème couronne parisienne va bientôt englober l’Oise à ce rythme…) ou à la surface sacrifiée, à la chambre en moins qui imposera de caser tous les enfants dans la même cage à lapin!
  • La pierre ne perd pas sa valeur. C’est vrai en général mais c’est souvent démenti pour les propriétaires occupants. Car on y met du coeur, de l’affectif, en investissant plus que ce qu’on pourrait récupérer à la revente (cuisine haut de gamme, piscine, équipements divers…). Et devoir liquider un actif tel que sa RP est toujours douloureux car on peut être amené à le faire dans l’urgence (divorce brutal, prêt-relai car nouvel achat…).
  • Se protéger pour la retraite. Ne pas avoir de charge de loyer est un confort pour des retraités dont les pensions sont souvent maigres voire incertaines au jour d’aujourd’hui. Mais comment subsisterez-vous au quotidien dans un bien non adapté (rénovations nécessaires du bien, charges lourdes et taille inappropriée, éventuellement handicap rendant le lieu inadapté…)? Etre propriétaire de sa RP ne suffira pas!

_

Les variables de l’équation

  • Ses propres besoins. Liés à l’évolution de la vie (mariage, enfants, divorce, retraite, mutation…etc). Personne ne peut prévoir de quoi demain sera fait et le modèle antique d’acheter ou de construire la maison d’une vie avec sa promise, au tout début de sa vie professionnelle: c’est de l’histoire (très) ancienne!
  • L’évolution du marché. Je me contenterais de 2 chiffres: 2007/2005= +16,2% – 2009/2007= -7,2%. A nouveau, je me répète: personne ne peut prédire l’évolution du marché. Le dernier trimestre 2009 et le premier de 2010 enregistrent même une reprise: simple soubresaut ou vrai redémarrage après un (court) passage à vide? Seul l’avenir nous le dira…
  • L’évolution des taux d’intérêt et de l’inflation. Si certains récemment ont pu négocier un taux proche de 3%, il fut un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) où ceux-ci dépassaient les 10%… Ajouter l’inflation et secouer le shaker!

Les projections sont donc extrêmement difficiles à faire. Si vous persistez dans la volonté d’acheter votre RP, je pense qu’il est prudent de lister tous les scénarii envisageables sur les 3 items précédents. Et surtout de les croiser entre eux. C’est un travail complexe et long mais qui permet en toute lucidité d’envisager sereinement et objectivement si l’achat de sa RP est raisonné ou non.

En envisageant le pire, vous obtiendrez le meilleur!

Points à vérifier avant de signer votre appart chez le notaire

Points à vérifier avant de signer votre appart chez le notaire

Vous vous apprêtez à signer votre projet immobilier chez le notaire. Check-list des points à vérifier.

L’acte n’est pas anodin car les conséquences éventuelles sont lourdes. Faire appel à un homme de loi permet aussi de pouvoir s’y reposer sur certains points. Ne vous souciez donc pas de vérifier si le vendeur est bel est bien le propriétaire (dans le cas d’une succession par exemple), ce n’est pas votre boulot. Si les frais notariés en soi sont fixés par décret, il existe certaines astuces pour limiter la note…

Faire des économies et rester maître de la situation:

  • Dépôt de garantie: Lors du compromis, l’usage veut que l’acheteur verse un dépôt de garantie. Il était usuellement de 10% du montant du bien, il a aujourd’hui tendance à se limiter à 5%. Cet argent ne revient pas au vendeur avant la signature de l’acte authentique. Il est délicat de s’en soustraire totalement mais vous pouvez demander à en verser le moins possible. Il y a quelques jours, j’ai négocié 1%, soit plus de 2500€ « d’économie ». Ce cash sera mieux sur mon propre compte plutôt que sur le séquestre du notaire…
  • Frais d’agence: Il s’agit de sémantique essentiellement. Versés par l’acheteur, ce dernier réglera le bien en « prix net vendeur. » Versés par le vendeur, ce dernier réclamera à l’acheteur le prix « total » FAI. Mais dans le second cas, l’acheteur engraissera le notaire en payant les frais notariés calculés sur la base totale (donc des frais notariés sur la commission de l’agence immobilière…!).
  • Mobilier: A nouveau, le notaire n’a pas à s’engraisser sur l’éventuel mobilier (et cela concerne surtout les cuisines intégrées) laissé dans l’appartement (pratique « courante » aux Etats-Unis). Le plus simple est d’agir en présentant les factures lorsqu’on les détient. Le notaire peut aussi procéder à une estimation (débattue par les parties, j’ignore qui a « le dernier mot en cas de litige ») sur photos. Petite astuce (peu élégante mais efficace): acheter du mobilier (si possible pas la veille de la signature…) dans une grande enseigne du secteur; ne pas déballer les cartons puis se faire rembourser, après avoir pris le soin de se faire imprimer un duplicata de facture.
  • Diagnostics: Beaucoup de diagnostics ont une durée dans le temps supérieure au temps de détention du bien pour ceux comme moi qui souhaitent procéder à de l’achat-revente. Refaire appel à une entreprise qui vous commercialiserait un package complet est donc superflu. Pour info: plomb: 1 an (définitif en cas d’absence) – amiante: illimitée en cas d’absence - termites: 6 mois - gaz: 3 ans – risques naturels et technologiques: 6 mois – DPE (valeur informative): 10 ans – installations électriques (seulement si +15 ans): 3 ans.

Immobilier: payer le juste prix

Immobilier: payer le juste prix

Je cherche à me reconvertir dans l’immobilier. Ce n’est pas un secret et ce blog a aussi pour vocation de vous faire partager mon expérience, surtout empirique car j’avance pas à pas. Ce billet est donc essentiellement destiné aux vocations de marchands de biens en herbe. Mais chaque acheteur (investisseur ou acquéreur de sa résidence principale) peut y trouver des clés.

_

Après 2 semaines et 29 visites, je fais 3 offres sur des biens assez différents mais ayant chacun un potentiel. J’ignore toujours quelle est LA stratégie idéale. Bien sûr, pour moi, car à chaque profil d’investisseur correspond sa (ses) stratégie (s). Je reste toutefois sur ma conclusion provisoire finale d’officier en tant que marchand de biens (conforté par mon banquier qui m’indique que l’obtention d’un prêt sera « paradoxalement » plus facile dans ce schéma plutôt qu’en investisseur locatif).

Pour évaluer ces 3 offres et établir une proposition, je me suis appuyé sur un certain nombre d’indicateurs pour connaître la valeur intrinsèque d’un bien:

  • Le prix au m2. C’est l’indicateur primaire du marché. Exprimé en fourchette (pas de comparaison possible entre un bien refait à neuf, avec de belles prestations et d’un bien à rafraîchir avec des « défauts ») et selon le type d’habitat (plus la surface est petite, plus le bien est « cher » proportionnellement: on ne compare pas des choux et des carottes), et bien sûr le quartier.
  • La comparaison aux autres offres du marché. C’est la base d’une étude de marché: évaluer son offre c’est bien, mais la positionner par rapport à la concurrence c’est mieux. Un rapide coup d’oeil au marché sur seloger.com (en supprimant les 10% les plus chers et les 10% les moins chers, courbe de Gauss oblige) nous permet déjà une bonne évaluation.
  • La date de mise sur le marché. Plus elle est longue, plus il sera facile de négocier, car ça signifie que soit le bien est trop cher, soit qu’il intéresse peu de monde. Le plus simple est de poser la question à l’agent immobilier. Il existe aussi un outil permettant de jauger la date d’une annonce seloger.com sur petitcailloux.com.
  • Le potentiel du lieu. Un peu d’imagination que diable! Ouvrez les yeux sur une cuisine équipée à l’américaine plutôt que ce cagibi lugubre avec un évier, un beau parquet flottant en lieu est place de la vieille moquette tâchée…etc. Le home-staging, en plein boom actuellement, ce n’est pas que pour les autres (à moins de vouloir payer ce petit investissement puissance dix dans le prix final).
  • L’approche psychologique des (autres) acheteurs. Un investisseur agit en homme d’affaires tandis qu’un accédant à la propriété agit avec son coeur. Hormis le coup de foudre, beaucoup n’arrivent pas à s’imaginer un jour dormir, cuisiner, vivre dans cet espace glauque, crasseux et rénové dans les années 80. Pensez-y, c’est une force dans la négociation!

Aujourd’hui, le marché est incertain. C’est le terme précis qui le définit. Il n’est pas baissier (certes il l’est dans l’analyse de la Chambre des Notaires mais d’une part la baisse est minime face aux hausses successives des années précédentes, et d’autre part il s’agit surtout d’un phénomène sur-amplifié dans les médias). Il n’est pas non plus aléatoire: les demandes ubuesques de certains vendeurs sont écartées par les agents immobiliers et les affaires exceptionnelles pour les acheteurs sont rarement visibles donc n’en parlons pas.

Donc dans un marché incertain, on se demande toujours si on a payé le « juste prix » pour un bien. Les transactions dans la demi-journée, le pistolet sur la tempe, sont l’apanage d’une époque révolue. Le marché est incertain mais ce qui est certain, c’est que les durées de vente s’allongent allègrement (il semblerait à écouter les professionnels que pour autant le marché ne soit pas « bloqué »: les transactions continuent à se faire).

_

Je vais étayer d’un exemple. Visite il y a une semaine d’un studio (34m2) à rénover à Bordeaux dans un secteur coté et proche des commodités. Prix demandé: 65k€ net vendeur, crânement affiché à 69900€ FAI. L’agent immobilier paraît sérieux (pas de folklore, pas de condescendance et un discours sain, de plus un circuit d’annonce très classique dans les PA du journal Sud-Ouest). Je fais une offre à 67k€, refusée. L’immobilier arrondi les angles, me demande si je suis prêt à remonter de 1000€ et s’engage à réduire sa commission de 500€. Mon offre est acceptée à 68k€ (63600€ net vendeur, soit tout de même près de 7% de commissions…). Cette seconde étape s’est déroulée en moins d’une heure!

Reprenons chaque point:

  • 2000€/m2 (+ 300 à 800€ travaux finalisés): je suis donc en fourchette basse du marché (d’autant que je gère moi-même les travaux, donc une note qui devrait être la plus réduite possible).
  • Aux alentours de 70k€, j’ai essentiellement des studios plus petits, parfois sur des secteurs prisés, et toujours avec des travaux (puisque ma recherche était aiguillée vers cet item).
  • Date de mise sur le marché inconnue mais je sais que la propriétaire vit à l’étranger. Il s’agit donc de la vente d’un actif. J’aurais pu jouer la stratégie de pourrissement en pensant qu’elle a besoin d’argent (donc apte à céder quant à la négo) mais j’estime le prix « placé » sur le marché donc je ne veux pas courir le risque.
  • Le lieu a du potentiel car en dépit d’une situation au RDC (très peu de passage piéton), il a une double exposition, une HSP de 3,60m (possibilité de mezzanine de couchage) et des travaux simples (peu de choses à casser, parquet récupérable, pièce rectangulaire facilement « re-cloisonnable »).
  • Comme la quasi-totalité des biens à rénover visités, mon avantage est une faculté de projection, et un calcul rapide des coûts de transformation. Là où l’acheteur lambda qui cherche sa résidence principale résonnera en lourdeur des travaux, délai de mise à disposition, gestion du chantier…etc.

Le marché se situe pour cette rue précise entre 2610 et 3430€/m2, soit une revente théorique entre 89 et 117k€. Les frais notariés sont estimés à 5000€ et les intérêts courants sur la période (entre le moment ma prise de propriété et ma revente effective estimée entre 4 et 10 mois) dans une fourchette de 1000 à 2500€. Soit une enveloppe de travaux maximale (pour remplir l’hypothèse d’une opération sans gain financier!) entre 13 et 43k€ (budget estimé à 8k€ en premier jet).

_

Conclusion: il convient de reformuler la phrase « ai-je payé le juste prix? » (ou encore « n’ai-je pas payé trop cher? ») en « combien je peux gagner sur cette opération? » et en « qu’aurais-je obtenu comme autre bien pour le même prix? » (et ainsi de comparer facilement les opérations entre elles, en terme de gain, de difficulté, d’effort, de délai, de probabilité de revente…etc).

Choisir sa stratégie d’investissement immobilier

Choisir sa stratégie d’investissement immobilier

Si l’on excepte les manières fantaisistes de faire fortune (gagner au loto… alors que vous ne jouez pas, hériter d’un oncle d’Amérique… alors que votre famille n’a jamais quitté le département, braquer une banque… alors que rouler à 140 vous apporte déjà beaucoup de frissons), il reste 3 voies dites royales: la Bourse, la Pierre (l’immobilier) et le Business (l’entrepreunariat).

Vous avez pour beaucoup vu ce reportage il y a quelques mois (années?) d’un pompier parisien (et retraité) ayant acheté des petites surfaces qu’il louait. Au fil du temps et des opérations, il avait construit un véritable patrimoine. Est-ce encore possible aujourd’hui d’opter pour cette stratégie: acheter des appartements, les retaper ou les embellir (j’aurai l’occasion de faire un billet spécifique sur le home-stagging), les louer, générer du cash-flow, mettre en place un cercle vertueux de ce système…?

Faisons simple pour le raisonnement et l’exemple: en moyenne le prix au m2 à Paris intra-muros s’élève à 6000€ à l’achat et 23€ en locatif. Ce qui nous donnerait un achat à 150k€ pour un studio (+10000€ de frais notariés) pour un revenu locatif de 575€. Ce sont bien entendu des moyennes, et il est possible d’optimiser un peu. A titre d’exemple, je loue un studio de 23m2 à Montrouge (première couronne, donc Paris extra-muros pour ceux qui ne connaissent pas) pour 675€ HC (en meublé). Revenons à notre achat: avec un crédit sur 20 ans à un taux de 4% (ce qui d’ailleurs constitue un taux moyen HORS assurance…), la mensualité à rembourser serait de 970€ (sans apport). No comment. Car il faut encore déduire la taxe foncière, les vacances de locataires, le coût d’entretien…etc. Bien sûr les loyers vont augmenter gentiment (selon l’indice INSEE du coût de la construction) alors que le crédit à taux fixe ne bougera pas, donc inéluctablement, les courbes (si elles ne sont pas trop éloignées) finiront par se croiser. Mais le but n’est pas là: il faut dégager un cashflow dès le départ. Or en partant sur l’hypothèse d’une « opération blanche », il faudrait un prix d’achat qui ne dépasse pas 90k€ (soit -40% par rapport à notre prix de référence ou encore un ratio de 3600€/m2!!!)… En admettant de trouver un bien dont le prix corresponde à cette stratégie, en admettant de le louer à un prix intéressant (pas impossible puisque j’ai pu réaliser cette opération, certes avec un achat en 2006, et une location en 2009 après y avoir moi-même habité 2 ans), le bien commencera a générer des revenus réellement intéressants au terme du crédit …dans 20 ans!

Conclusion provisoire n°1: je quitte Paris et je vais chercher mon eldorado à Bordeaux, ma ville d’adoption et de coeur et où vivent mes parents.

_

Retour rapide au calcul avec les éléments actualisés: achat du studio pour 75k€ (3000€/m2) pour un loyer de 300€ (12€/m2: dans les faits on serait plutôt aux alentours de 400€ pour un bien de ce type) vs un remboursement de crédit de 485€. L’objectif serait de trouver un bien à 62k€ au maximum. Moins aléatoire que dans la capitale mais toujours incertain…

Conclusion provisoire n°2: la stratégie d’acheter un bien de petite surface pour le louer n’est pas rentable et nécessite en plus de rechercher un produit rare.

_

Changement de technique: je cherche à présent un vrai projet. L’investissement-roi: un immeuble de rapport. 3 options:

  • Acheter un immeuble comportant déjà plusieurs lots ET déjà loué. Cela revient à calculer un rendement locatif parfaitement connu. Dans la pratique, il est rare de dépasser les 6/7% bruts, ce qui est assez faible et donnerait un rendement net net (charges et imposition déduites) largement sous les 5%. A oublier.
  • Acheter un immeuble comportant déjà plusieurs lots mais VIDE. Puis faire des travaux (souvent d’amélioration, d’embellissement: qui a dit « home-staging »?), puis augmenter substantiellement les loyers (voire opter pour du meublé).
  • Acheter un immeuble à transformer. Globalement cela revient à découper la surface pour décupler le rendement locatif (on louera à un meilleur prix 2 studios de 25m2 chacun plutôt qu’un T2 de 50m2, avec en bonus la dilution du risque d’impayés).

J’apprends rapidement qu’il y a une disposition spécifique: chaque nouveau logement doit comporter une place de parking. Donc si je crée des lots supplémentaires, il me faut autant de places (par exemple si j’ai une maison et que je crée 3 T2, cela nécessite 2 places). Donc soit il est techniquement possible de le faire (dans mon exemple si la maison a un garage de 3 places au départ), soit il faut en acquérir un (ou une concession de longue durée) dans un rayon de 300m autour du bien, soit il faut s’acquitter d’une taxe de 17000€ (par place) à la CUB (communauté urbaine de Bordeaux).

Et puis au bout de quelques visites, j’apprends à calculer rapidement. Il faut surfer à droite à gauche notamment sur seloger.com afin de se faire une idée du marché (valeur locative et valeur de transaction). Un indicateur commun à toutes les régions est qu’un financement sur 20 ans grosso-modo équivaut à 1000€/ mois/ tranche de 150k€.

Je repère un bien particulier dans un quartier en plein devenir (validé par le PLU et la volonté politique communiquée par la ville): un double plateau de 230m2 avec un local commercial et possibilité d’y faire 1 T2 et 2 T3. L’arrêt du tramway est pile devant! Et le ratio n’est que de 1000€/m2 (moyenne de 2500 dans le quartier) et avant négociation!! Seulement les travaux sont très lourds, sans doute trop, le commerce n’a pas encore éclos dans cette zone (donc des revenus incertains pour cette partie) et les surfaces après découpe auraient une configuration relativement atypique (donc susceptible de ne pas plaire au plus grand nombre).

Conclusion n°3: relisez « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf« … il ne faut pas confondre avoir de l’ambition et voir trop grand au départ. J’ai décidé de ne pas prendre le risque de me dégoûter de l’immobilier avec ma première opération en tant qu’investisseur.

Conclusion n°3 bis: investisseur c’est un métier mais qui demande d’amorcer la pompe. Je vais passer par la case « marchand de biens » afin de me créer un capital.

_

Quelquefois il y a des rencontres. Quelqu’un qui ne vous donne pas l’impression de vous questionner et qui en un temps record vous cerne totalement, ou plutôt comprend avec beaucoup d’acuité la recherche et les projets qu’on a (alors qu’on a soi-même du mal à les formuler). J’étais venu pour visiter un immeuble (avec travaux) transformable en lots, je découvre une maison individuelle. J’étais venu pour un rapport locatif, je repars avec l’idée de réaliser une opération en marchand de biens. J’étais venu quérir un ratio de prix au m2 imbattable, je raisonne à présent en prix de vente marché et seuils psychologiques.

Après tout, l’idée est de gagner de l’argent. Quel intérêt d’investir dans un actif qui ne me rapportera que peu d’argent et libérant son potentiel au bout de nombreuses années seulement….!? Sans trop s’exposer, il est parfaitement jouable de réaliser 2 ou 3 opérations d’achat-revente, en y déclarant à chaque reprise sa résidence principale (pas de taxation sur la plues-value). Les culbutes réalisées pourront soit former un apport en vue d’acheter un bien plus cher, soit permettre l’achat d’un actif cash et donc générant dès le départ des revenus via les loyers récoltés.

Conclusion n°4: bye bye l’investissement locatif, place à la formule achat + travaux/ rénovation/ embellissement + revente = plus-value.

Conclusion n°4 bis: cette opération est réalisable n’importe où sur n’importe quel type de bien. Toutefois afin d’avoir un effet de levier plus massif, je décide de m’orienter vers des surfaces familiales (maisons, T3, T4, éventuellement T5).

_

Récapitulatif:

  • Se concentrer sur un secteur géographique porteur ET que l’on connaît
  • Opter pour l’alternative de chercher un bien en « décalage » avec le marché (offre très supérieure à la demande)
  • Démarrer avec un capital… donc en créer un via le biais d’opérations de « marchand de biens »
  • Faire les travaux soi-même (dans la mesure du possible)
  • Choisir un bien ni trop grand (pour s’assurer de boucler le projet, et rapidement), ni trop petit (pour s’assurer un effet de levier suffisant à la revente).