La crise: mythe ou réalité?

Quiconque suit les infos ne peut avoir qu’une seule pensée en tête: « la crise s’abat sur nous, on va tous crever (au sens figuré, quoique…). »

Je ne vais pas entrer dans une démonstration macro-économique, chaque spécialiste y allant de toute façon de son grain de sel.

Vous êtes-vous déjà posé la question du risque réel pour vous!?

  • Perte d’emploi

Il s’agit d’un risque réel, accru par la crise mais dans lequel nous vivons depuis belle lurette (la fin du plein-emploi).

L’appauvrissement massif de l’Etat ne pourrait d’ailleurs pas permettre un maintien de la couverture chômage actuelle en cas d’explosion des licenciements. Ce n’est en tout état de cause qu’une bouée de sauvetage, temporaire qui plus est.

Être son propre patron ne change pas grand chose à la donne: moins d’argent = moins de clients = moins de consommation = moins de chiffre d’affaires = dépôt de bilan, avec en prime une absence totale de cette fameuse bouée.

Vous pouvez vous trouver sur un segment très spécialisé faisant de votre profil/ entreprise, quelqu’un/ quelque-chose de très recherché donc plutôt à l’abri (en tout cas de la précarité, quand bien même faudrait-il réduire la voilure).

La seule piste vraiment fiable est celle (tant vantée sur la blogosphère entrepreneuriale) de l’indépendance financière.

  • Perte de capital

Bien sûr, celui qui n’a rien ne peut rien perdre. Mais avec un tel raisonnement, on vivrait tous au crochet de la société…

On a pour usage de déterminer 4 grandes familles d’actifs: la Bourse, l’immobilier, l’entreprise, internet (qui est une forme d’entreprise mais mérite sa propre catégorie d’une part car il s’agit d’un business-model assez différent de l’entreprise au sens traditionnel du terme, d’autre part parce que ce segment aujourd’hui présente une très belle envergure).

Je qualifierais plutôt cela sous forme d’un côté de matériel, de palpable, comme la pierre (et à plus forte raison sa résidence principale) ou l’or, et de l’autre d’immatériel, globalement tout ce qui est « à la Banque » (actions, assurance-vie…etc).

Imaginons une guerre. Votre maison (oui, oui, sauf bombardement!) sera toujours là et vos lingots toujours sous le lit! Or ce que nous croyions immuable ne l’est pas: Lehman Brothers fut un cataclysme mais plus près de nous on reparlera dans quelques mois de Dexia ou encore de la Société Générale…

Bref, en cas de crise notoire, si « l’argent ne vaut plus rien », il restera la « valeur d’usage. »

  • Perte de liquidités

C’est le scénario le plus catastrophique (et peut-être paradoxalement celui qui peut « sauver » les pays les plus solides économiquement). Imaginons un éclatement de l’euro et un retour aux monnaies nationales.

Je ne parle de la grosse baffe que tout le monde prendra – si tant est qu’on ait encore réellement des repères en francs! – en s’apercevant du prix éhonté de la plupart des biens de consommation courante.

Je parle de la dévaluation de la monnaie, aujourd’hui « bloquée » ou plutôt calibrée par la BCE. Irez-vous acheter une baguette de pain avec une mallette pleine de francs?

Le franc n’a jamais été une monnaie forte et la France n’est pas vraiment une puissance industrielle nécessitant de la compétitivité à l’international (je veux dire par là que les PME allemandes ont besoin de cette compétitivité, les entreprises du CAC40 peuvent passer outre).

De toute façon, pas vraiment d’effet de levier, si ce n’est avoir un capital matériel plutôt qu’immatériel (cf. point précédent).

  • Perte de pouvoir d’achat

Une certaine nuance avec la perte de liquidités car la perte de liquidités impacterait tout le monde or la baisse de pouvoir d’achat ne touche que certaines personnes.

L’INSEE nous démontre à grand renfort de chiffres que nos revenus ont gentiment progressé et que le coût de la vie a lui aussi gentiment progressé mais pas sur une pente beaucoup plus forte. Pourtant, on se sent pour la plupart « moins riches » qu’il y a quelques années…

Pour moi, cela est lié à 2 facteurs: la forte hausse de l’immobilier (qui constitue je le rappelle le plus gros poste des ménages, parfois 40 à 45%!) et l’explosion des besoins. Je ne veux pas prôner la simplicité volontaire, étant moi-même un consommateur parfois effréné mais force est de constater qu’il y a 20 ans nous ne changions pas d’iPhone tous les ans (nous n’avions d’ailleurs pas ce poste de dépense tout court!).

 

Alors que faire?

Chacun fait (fait fait) c’qui lui plaît (plaît plaît). Je ne donne pas de réponse, d’ailleurs ce billet ne vise pas la polémique, il n’a pas la prétention de faire l’objet de recherches documentées, il ne s’agit « que » de mon avis.

Dans MA situation personnelle (j’insiste là-dessus, chaque cas est individuel!), j’en tire les conclusions suivantes:

  • Je n’ai aucun produit financier (je ne suis même pas certain de détenir un livret A, si c’est le cas, il doit être bien vide…) et pas de velléité à y investir, tout au plus pourrais-je jouer sur les taux attractifs de certains livrets si j’avais du cash « en trop », histoire de faire des petits (Livret d’Epargne Populaire, comptes-courants rémunérés de banques en ligne…etc).
  • J’ai ré-investi la quasi-totalité de la vente de ma précédente boutique dans un nouveau projet. Le point mort est relativement bas et je m’organise vivement actuellement pour mettre ce magasin en orbite « pilote automatique » (en espérant que ça devienne un jour une « Muse » pour reprendre l’expression chère à Ferriss). Je vous parlerais bientôt de « mon petit projet entrepreneurial » (bientôt la 1ère bougie) sous forme d’une série de billets consacrés.
  • Je n’ai plus d’habitation principale (et oui, Tanguy’s back!), ce qui me permet de faire d’une pierre 3 coups: augmenter ma solvabilité auprès des banques pour un emprunt – pallier à ma baisse de pouvoir d’achat – me permettre de profiter de mes liquidités (avec plusieurs projets de voyage).
  • La conséquence sera aussi pour mon pouvoir d’achat de pouvoir jouir d’un coût de la vie bien plus accessible à l’étranger (et presque de manière générale, y compris dans les pays industrialisés… je vous rappelle que j’étais installé à Paris et que mon appartement se situait dans le Marais, je vous laisse imaginer le loyer).
  • Une reconversion amorcée dans l’immobilier. Ma stratégie reste à définir sur le long terme. Aujourd’hui cela consiste surtout en des opérations type « marchand de biens »: j’achète, je rénove (moi-même dans la mesure du possible), je revends, j’empoche la plus-value. Je suis dans le processus final d’une 1ère transaction de ce type. Là aussi je vous parlerais très prochainement de « mon petit projet immobilier » sous forme d’une série de billets consacrés.
  • What else? Un investissement dans un site web marchand lié à mon activité (les lunettes). Peu impliquant (je suis la « caution technique ») avec un potentiel de levée de fonds non négligeable pour un investissement plus que dérisoire (4000€). Et bien sûr la volonté toujours tenace (même si mon assiduité a vraiment laissé à désirer – je réitère mes excuses aux lecteurs initiaux qui m’ont fait confiance et m’ont témoigné leur estime et leur volonté de me lire à nouveau) de devenir « blogueur-pro. »

N’hésitez pas à débattre dans les commentaires de VOTRE plan d’actions face à la crise!?

25 commentaires

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