Quand une bonne habitude fait gagner de l’argent

Il y a pile 10 ans, j’entamais une bataille quotidienne qui allait durer près de 4 mois. Mon arme? des patchs à la nicotine. Mon combat (gagné)? l’arrêt du tabac. Aujourd’hui est donc une journée anniversaire symbolique. Pas d’auto-congratulation: un fumeur, au même titre qu’un drogué, qu’un buveur ou qu’un obèse peut toute sa vie replonger.

Juste quelques bilans:

Par la force d’une bonne habitude, je me suis enrichi

En 10 ans, et à considérer que j’eus mis cette somme régulièrement dans une tirelire pour la placer chaque année (j’ai estimé 4% en taux d’intérêt, mais le calcul peut se faire à 10% ou au livret A…), mon capital aujourd’hui serait de… 22171€.

Bien entendu, je ne dispose pas de cette somme puisque je n’ai pas eu la démarche de thésaurisation. Mais je peux clairement affirmé que je me suis enrichi grâce à l’arrêt du tabac, non pas en terme de capital mais en terme de revenus puisque je disposais chaque année de mon budget cigarettes (qui ne partait plus en fumée…!).

Méthodologie:

J’ai tout simplement utilisé annuellement le prix moyen de l’époque d’un paquet de cigarettes, puis j’ai calculé les intérêts composés pour la période restant à courir jusqu’à aujourd’hui. Puis j’ai additionné les résultats pour chaque année.

Par exemple en 2000, le prix moyen d’un paquet s’élevait à 3,20€ donc à raison d’un paquet par jour en moyenne, budget annuel = 1168€ et intérêts composés sur 10 ans (à 4%) = 1729€. Pour 2003: paquet = 3,90€ – budget annuel = 1424€ – intérêts composés sur 7 ans = 1874€. Pour 2010: paquet = 5,90€ – budget annuel = 2154€ – pas d’intérêts.

Ce qui est « amusant », c’est que l’augmentation du prix tu tabac fait plus que compenser le manque à gagner des intérêts composés (à 4%): le budget clopes placé en 2000 m’aurait rapporté 129€ mais celui de 2009 (avec seulement 1 an d’intérêts au lieu de 10) m’aurait rapporté 2126€!!!

Par la force d’une bonne habitude, j’ai acquis des valeurs

Je me souviens que, une fois passée la période de consolidation (on reste fragile un petit moment après la décision d’ôter le patch, tout comme un enfant peut tomber du vélo après le dévissage des petites roues), j’étais assez intolérant face à un entourage qui s’évertuait à fumer. Non pas par jalousie ou envie, tentation, mais simplement parce que ça m’incommodait réellement (sentiment de suffocation, haleine chargée de mes interlocuteurs, odeurs froide des vêtements ou encore des cheveux…etc).

Mais cet acte en apparence « anodin » m’a surtout permis de me dépasser. Aujourd’hui, il s’agit d’une de mes plus grandes fiertés car elle se vit dans la durée: le temps bonifie cette habitude. A contrario, aligner les kilomètres de bitume ne me rendent pas plus fier de mon permis de conduire, même si à l’époque son obtention m’avait rempli de joie. Vous pouvez vous aussi prendre dès maintenant une bonne habitude dont vous serez de plus en plus fier avec le temps: créer votre entreprise, prendre soin de vous, vous former (les connaissances dans un domaine vont alors crescendo), lier une amitié, placer de l’argent…etc.

Se lancer, c’est échouer ou réussir. Echouer, c’est recommencer, jusqu’à réussir. Et enfin, réussir, ça permet de prendre confiance en soi, de décupler son énergie, d’améliorer son expérience. Pensez-y si par exemple vous avez un jour ou à plusieurs reprises tenter de prendre une habitude, vite remisée aux oubliettes.

Par la force d’une habitude, j’ai construit d’autres projets

On ne se sert pas assez de ses expériences pour construire celles à venir. Pourtant, une fois la méthodologie (même empirique!) acquise, il est facile de dupliquer un modèle, un process.

Tout commence par un déclic ou par un objectif simple et précis: bien que mon père ait eu un infarctus très jeune avec triple pontage et que mon oncle fut décédé d’un cancer de la gorge, ma motivation n’était pas la santé, pourtant conscient des effets néfastes à terme. J’étais alors en Sup de Co et je m’apprêtais à passer une Summer Session à l’université de Berkeley. J’ai commencé à entendre que fumer en Californie relevait d’une véritable gageure. Pour ne pas me retrouver préoccupé par ce problème de manque ou sa gestion quotidienne, j’ai donc pris l’initiative d’arrêter.

Tout se poursuit par un plan clair et détaillé: quelle échéance (j’avais 4 mois)? quels outils (pas question de compter sur ma seule volonté, ni sur le coût de séances d’acupuncture ou d’hypnose, quant aux gommes à mâcher je voyais l’effet insuffisamment contraignant)? quel soutien (mes parents mais aussi plusieurs amis non fumeurs qui m’éviteraient de me marginaliser dans un groupe exclusivement fumeur)?

Tout se termine par une période probatoire, de consolidation. Une entreprise peut se lancer, fonctionner, générer du CA, faire des résultats, mais il faut passer d’autres caps comme celui de l’imposition croissante à N+2 ou de la gestion d’une forte croissance (un entrepreneur qui ne sait pas ce qu’est le BFR apprend très vite dans ce cas-là…). Il est important lors de cette dernière étape avant un succès pérenne et établi de rester prudent et de ne pas pécher par excès de confiance en soi.

Et vous, quelle bonne habitude allez-vous prendre?

2 commentaires

  1. Pour moi ce fut « méthode simple » + champix. je me suis planté sur la posologie et j’ai arrêté beaucoup trop tôt, mais comme je ne le savais pas sur le moment, ça a fonctionné 😉 Je n’ai jamais coupé l’exposition au tabac, fuit les furmeurs ou quoi ce que soit. No stress, juste une sorte d’ivresse du manque parfois. Aujourd’hui j’aimerai recommencer juste pour le plaisir d’arrêter… mais je n’ai pas vraiment le courage 😉

  2. Frederik_E (alteriche.com) dit:

    C’est un peu vicieux ça…! 😀
    J’applique plutôt ça (et toi aussi je crois?) avec l’immobilier: aujourd’hui, je recommence (à acheter puis à rénover) juste pour le plaisir d’arrêter (en revendant et en empochant la plus-value)!

Participez aux commentaires, vous avez sans doute aussi des choses intéressantes à raconter!

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