L’équation du business idéal

Beaucoup d’apprentis entrepreneurs (ou même d’entrepreneurs aguerris!) cherchent désespérément L’idée de business qui ferait leur prospérité. Si beaucoup de réussites fulgurantes se sont bâties sur ce modèle, n’oublions pas non plus que bien des fortunes sont élaborées à partir d’idées existantes (je reviendrais dans d’autres billets sur cette notion de « me-too » ).

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L’équation de base

TRAVAILLER LE MINIMUM + GAGNER LE MAXIMUM !!!

C’est aussi simple (!) que cela… Pour pousser le raisonnement à l’extrême (et à l’absurde): regarder son compte bancaire se remplir sans lever le petit doigt, le tout allongé sur une plage de sable fin.

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Toutes les clés de l’optimisation

En vrac:

  • Peu d’investissement en temps
  • Pas de stock
  • Pas de salariés (ou tout du moins pas de gestion du personnel)
  • Transactions en espèces (pour faire du black)
  • Pas de pas-de-porte (idéalement travail à domicile)
  • Travail déléguable ou automatisable
  • Marge importante (prix d’achat faible, prix de vente important)
  • Pas de transformation de produit
  • Pas de SAV
  • Pas de produit périssable ou souffrant de normes, d’agréments…etc
  • Pas de machines ou d’investissements
  • Capitalisation maximale (valeur de revente)
  • Pas de concurrence
  • Pas de publicité (possibilité d’économiser cette charge)
  • Zone de chalandise sans limitation (pas de notion de proximité)
  • Pas d’intermédiaire(s) (ou le moins possible)
  • Récurrence du chiffre d’affaires (abonnement par exemple)
  • S’adresse à 100% de la population
  • Pas de subventionnement (problème de pérennité), comme par exemple les CES pour les services à la personne ou les complémentaires santé pour les métiers paramédicaux

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Quelques pistes de réflexion

Si vous trouvez le résultat de ce business idéal: faites-le moi savoir, je m’en porte acquéreur de suite! Tim Ferriss dans son bouquin « La Semaine de 4h«  utilise l’expression « trouver sa muse. » Entendez par là le business qui VOUS correspond et VOUS permet de vivre la vie que VOUS souhaitez.

Ayant déjà un peu phosphoré sur le sujet, mon cheminement a convergé vers 2 types de business:

La restauration rapide

Avantages

  • Manger est un besoin vital et la restauration hors foyer est en progression (31 à 36% entre 2002 et 2009, et 44% pour les personnes qui travaillent)
  • Nette augmentation de la VAE (vente à emporter): +10% en 2008 et le phénomène s’amplifie grâce notamment à une diversification du secteur (sushis, pâtes, salad-bar…)
  • Certains concepts (proches des zones de bureau ou de lycées) sont basés sur une ouverture uniquement le midi (fermeture vers 15h), fermés le dimanche et une grande partie des vacances estivales
  • La marge bénéficiaire est importante, ce n’est un secret pour personne. Même en franchise, la plupart avancent le chiffre de 10% de rentabilité nette après impôt!

Inconvénients

  • Nécessité d’un point de vente avec un emplacement n°1 (et parfois avec extraction) donc un pas-de-porte et un loyer souvent à des prix colossaux
  • Main d’oeuvre peu fiable (étudiants, temps partiels) et à fort turn-over (recrutement permanent) malgré un coût faible et pas de nécessité de compétence ou de diplôme particulier
  • Capitalisation aléatoire: que vaut vraiment un fonds de sandwicherie au bout de 5 ans? Cela est toutefois à relativiser car le droit au bail aura toujours sa valeur de premier plan!

L’achat-revente sur internet

Avantages

  • Business administrable chez soi, comme à l’autre bout du monde. Même si quelques contraintes existent (il faut pouvoir répondre aux clients, et rapidement), la liberté de lieu et de temps sont presque totales
  • Possibilité d’agir comme un genre d’affilié en déléguant totalement la logistique (et même les achats) grâce au dropshipping
  • Le e-commerce est en plein boom en France et les perspectives sont larges à en juger par le « retard » comparé à nos voisins européens

Inconvénients

  • Tout peut se vendre sur internet mais tout ne peut s’acheter! Certains produits sont peu ou pas représentés tout simplement en raison d’une demande qui n’est pas « mûre »
  • Le succès sur internet ne tient pas que au prix (choix, souplesse, confort…) mais la réciproque n’est pas vraie: tout produit devra être vendu moins cher que dans un circuit traditionnel (ce qui ne veut pas dire se cantonner au bas de gamme ou au low-cost!)
  • Le corollaire du point précédent consiste soit à acheter à un prix très faible (ce qui est délicat sur un produit lambda, sauf à acheter de grosses quantités et/ou se sourcer de manière alternative, comme à l’étranger), soit à effectuer une transformation sur le produit (fabrication, amélioration, ajout de services…) qui lui donnera une plus-value

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Bien entendu, il n’existe pas de recette miracle. Mais mathématiquement, en sachant où se situe l’infini, on peut commencer à y tendre…

A cette équation, s’ajoutent aussi 3 variables: votre apport (à titre d’exemple, pour investir dans un maxi fastfood tel que McDo ou KFC, il vous faudra 200k€ chez l’écureuil…), votre degré d’indépendance (seul ou avec associé(s), indépendant ou en franchise, autonome financièrement ou épaulé par un conjoint…etc) et vos envies (qui n’aime pas le cambouis et défend le vélo bec et ongles aura sans doute du mal à ouvrir un centre auto!).

Et vous, quel serait votre business idéal?

20 commentaires

  1. Pour moi, un business administrable de chez moi, sans avoir à envoyer de colis, et sans trop de prise de tête reste le summum: l’affiliation ^^

  2. Oui en soi, quand on y réfléchit, ça semble l’idéal mais je trouve que les potentialités de revenus ne sont pas à la hauteur (quant à la capitalisation, elle est nulle: mais c’est un détail si les revenus sont importants on peut investir dans des actifs).
    Donc si c’est pour y passer 15h/j, l’objectif n’y est plus!

  3. Disons que pour ma part, j’y ai passé beaucoup de temps au départ.
    Maintenant, les revenus passifs rentrent seuls, assez régulièrement, même s’ils sont encore insuffisants.

  4. ChrisToonet dit:

    Oh ! l’idée de regarder « enfler » mon compte depuis une plage de sable fin ne me convient pas !! Il me faudra donc plusieurs activités qui fonctionnent sans ma présence « permanente » et je ferai un passage chaque jour pour voir « si tout va bien », et s’il y a une plage sur le chemin !!! bien sûr ! mais pas plus d’un quart d’heure !!!

  5. La restauration rapide ça demande un effort personnel énorme, on est loin de la semaine de 4h !

    Quant au mythe de passer ses journées à la plage pendant que son compte en banque grossit c’est vraiment pas la clé du bonheur, trouver une activité qui nous plaise et qui nous apporte de la satisfaction c’est beaucoup plus important. Par exemple en Australie je gagnais beaucoup d’argent et mon business tournait presque tout seul mais ça ne me rendait pas heureux parce que je n’avais pas l’impression de créer de la valeur ajoutée, intellectuelement ça ne me satisfaisait pas. Quand je suis allé au Venezuela j’ai passé quelques jours dans une auberge tenue par un québecois, un millionaire de 68 ans, il préferait faire tourner son business (qui ne lui rapportait rien, au contraire il lui coutait de l’argent) parce que ça l’occupait et ca lui donnait un statut, il était le patron d’un hotel et il était pas un vieux riche qui habitait un condo au bord de la mer. A mediter donc.

  6. La plage, c’était pour l’image d’Epinal 😉

    L’idée est davantage de créer un business qui soit le plus rentable (le plus d’argent possible – le moins de temps nécessaire).
    L’épanouissement ensuite est dédouané de toute contrainte liée au gain d’argent.

    Cet épanouissement peut donc s’envisager selon les désidératas de chacun: travailler mais pour l’enrichissement personnel que ça procure (même si ça peut procurer « encore plus » d’enrichissement financier, ce ne serait qu’une conséquence), se divertir, acquérir de nouvelles connaissances, savoir-faire, s’investir dans l’associatif, créer au sens artistique…etc ou ne rien faire à la plage!

    Pour reformuler: si par exemple, mon but est de peindre. Je vais d’abord chercher et appliquer la meilleure équation pour gagner de l’argent (dans quelque domaine). Puis quand je serai IF, je pourrais entièrement me consacrer à la peinture (et non plus comme un hobby part-time) mais SANS les contraintes qui apparaîtraient si je choisissais de faire de la peinture mon gagne-pain (peindre des toiles qui plaisent pour se vendre, donc me détourner de ma créativité initiale par exemple).

  7. Oui bien sûr j’avais compris la plage comme vous ! et je suis tout à fait d’accord pour avoir un « revenu stable » qui permette à coté de faire une activité enrichissante sur le plan humain ou artistique !

  8. Restauration ou affiliation ?
    Je préfère tenter l’affiliation. Le système prend du temps pour se mettre en place, mais les avantages sont importants à mes yeux … et à mon style de vie. Déménageant tous les 4 ans (en moyenne) pour découvrir d’autres horizons, avoir un business qu’on gère depuis son pc serait idéal.

    Qui plus est, le marché français sur internet est en effet encore jeune et en plein essor. C’est donc maintenant qu’il faut tenter l’aventure plutôt que dans 10 ans.

    Pour ce qui est de la plage de sable fin, j’y suis souvent mais … le compte en banque ne se remplit pas tout seul. Ceci dit, j’y réfléchis assidûment et travaille dans ce sens.

  9. @MaxR:
    Je préférerais aussi un business dématérialisé qui me permette une liberté de déplacement.

    Ceci étant, je pense que créer un business en ligne en affiliation, seul, qui puisse (après le coup de collier du départ) générer suffisamment de revenus passifs pour combler l’IF et qui ne me prennent que 4h/ semaine (pour reprendre un fameux titre!), je pense que cela relève plus du mythe.
    Un vrai business en ligne nécessite une structure (physique) et un travail parfois plus lourd qu’une sandwicherie qui serait ouverte 6h/j et 5j/7.

    Donc je creuse (et réfléchit à haute voix: toutes les suggestions sont les bienvenues! ;))

  10. Salut Fred, si tu as des retours intéressants sur le dropshipping, je suis preneur 😉
    Pour le business en ligne, je me demande si il est encore possible à un gars seul d’en vivre correctement sans bouffer tout son temps où si on est irrémédiablement passé au stade équipe, semi entreprise…

  11. Salut Simon,
    Je n’ai malheureusement pas de lien à te fournir (et je n’y connais pas grand-chose dans les rouages du dropshipping).

    Mais je pense que le ecommerce en solo marche encore, à condition de respecter 3 points:
    _ la niche (pour ne pas attiser de concurrent avec de gros moyens)
    _ le fort taux de marge (donc soit acheter très très bas soit vendre très cher un produit, soit les 2!)
    _ l’appointance pour le produit (sans quoi ça deviendra vite un calvaire)

    Dans un premier temps, nouer un partenariat semble intéressant, puis rapidement passer à l’immobilisation en stock (beaucoup d’e-entrepreneurs choisissent justement leur activité en fonction d’un stock peu coûteux, ce qui n’est pas forcément la meilleure stratégie selon moi).

    Par exemple: proposer à une boutique d’instruments d’optique de vendre des téléscopes sur internet mais de les toucher à -X% du prix boutique. Le vendeur y aura un double intérêt: renouveler fréquemment ses ventes (un particulier n’achète pas forcément un téléscope TLJ) + simplifier son acte de vente (le « e-acheteur » aura un temps de vente quasi nul comparé à un acheteur boutique). Par ailleurs, ça ne concurrence pas forcément sa boutique puisque le client de Marseille ne serait pas allé acheté son télescope dans cette boutique de Rennes!
    Puis une fois qu’on peut estimer plus justement les quantités, on est à même de négocier directement avec les fournisseurs et de stocker chez soi.

    Tu peux suivre cette histoire d’un e-entrepreneur qui s’est inspiré de Ferriss pour créer sa propre (petite) muse (il explique toutes les étapes avec transparence sur la partie blog):
    http://www.areyouchic.com/blog/page/3

  12. Merci pour le lien Fred. Au cas où, il vaudrait peut-être mieux mettre celui-ci : http://www.areyouchic.com/blog/tag/wwwareyouchiccom c’est le lien direct vers le tag des articles consacrés au site et pas la page qui a toutes les chances de changer.
    Une boutique en dropshipping, le rêve du revenu passif ???
    Va falloir que je me lance pour faire un retour là dessus 😉

  13. Dropshipping: recette idéale!?
    L’équation idéale, magique n’existe pas. C’est à chacun de choisir les variables qui lui semblent pertinentes pour ainsi élaborer sa propre formule…

    Le dropshipping a aussi l’inconvénient de déléguer TOUT le back-office à un tiers qu’on ne contrôle pas et sur lequel on a peu d’influence.
    Ca revient à de l’affiliation pure dans la plupart des cas (sauf si on tisse un vrai partenariat avec le fournisseur/livreur).

  14. @ Fred & Simon : Merci d’avoir pensé à mon idée de business et je suis très heureux que vous suiviez mon aventure !

    D’une manière plus pragmatique, je pense que dans l’absolu, tout business peut marcher, très bien ou moyennement telle est la question, tant qu’il soit pas complètement hors de la réalité.

    Je suis très marqué par les destins de « Michel et augustin » qui en pleine crise du lait et crise de consommation avec une vague anti-marque lance un super business !

    Pour ceux qui ne me connaissent pas, n’hésitez pas à réagir à mon aventure sur le blog de ma boutique http://www.areyouchic.com/blog et prenez le chemin de ma boutique en ligne http://www.areyouchic.com me saluer par une commande !

  15. @ Po:
    Je trouve ton aventure très intéressante dans sa démarche (passez réellement à l’acte suite à la lecture du livre contesté mais fascinant « la semaine de 4h »).
    Et je salue à nouveau la transparence avec laquelle tu en parles 😉

    Je ne connais pas suffisamment la success-story de « Michel & Augustin » pour la critiquer. De l’extérieur, ça donne l’image de 2 cadres reconvertis dans le « bobo-business » mais chapeau pour leur communication décalée, créative et impactante, sans doute pour une part non-négligeable de leur réussite.

  16. Trouver sa muse et vivre de ses revenus passifs… je pense en effet qu’il n’y a pas d’équation parfaite et que cela dépends de chacun. Je pense aussi que pour en arriver à des revenus passifs et régulier, il faudra passer par un phase non négligeable de travail au préalable.

    Mais je crois que c’est possible, et mis à part la non capitalisation, le business lié à internet avec vente de biens immatériels ou pub/affiliation se rapproche pas mal de ma conception du biz idéal.

    Pour ce qui est du travail, je pense qu’avec un bon apport tu peux bien te débrouiller si tu arrives à trouver les bons prestataires de confiance qui feront une très grande part du boulot pour toi.

  17. Quelqu’un pourrais me dire les marges brutes sur Mac Do, Quick et autres KFC ?

  18. La restauration rapide est en perpétuelle développement, les américains continue a innover.
    La street food bio set leurs dernier!

  19. Pingback: 10 points pour retrouver la liberté | Aventure Personnelle

  20. Article très intéressant.
    Cependant, dans la liste je ne suis pas d’accord avec deux points:

    # Pas de concurrence
    => Pour moi si il n’y a pas de concurrence, il n’y a pas de marché donc pas ou peu de clients potentiels.

    # S’adresse à 100% de la population
    => On dit souvent, si vous vendez à tout le monde, vous ne vendez à personne. Pour moi, il faut se concentrer justement sur une minorité de la population. En ciblant mieux ses futurs clients, on peut plus facilement leur apporter le produit dont ils ont besoin.

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