Trier ses amis

Ca va de toute façon se faire: vous allez perdre la moitié de vos amis dans 7 ans, et c’est prouvé scientifiquement. Posez-vous quelques minutes et demandez-vous quel était votre entourage en 2003? Je ne parle pas de votre meilleur ami qui l’est sans doute encore, ni de votre ami d’enfance qui vous a toujours suivi, mais du cercle de personnes qui vous côtoyiez régulièrement (hors famille et hors relations professionnelles donc). Pour certains, il n’y en a qu’une poignée qui se compte sur une main, pour d’autres des dizaines et des dizaines de copains qui gravitent autour de vous. Peu importe, c’est votre cercle et c’est à vous de le définir.

Lister (exhaustivement) ses amis

J’ai fait ce travail de lister de manière la plus exhaustive possible mes « amis ». J’en ai comptabilisé 76. C’est aujourd’hui facilité avec les réseaux sociaux (comme Facebook), même s’il faut justement se demander qui sont les amis au sens strict (mon score passerait à 147 sinon) dans ce melting-pot de soit-disant « amis » qui comprend de la famille, des amis plus revus depuis plusieurs années, des amis croisés une seule fois dans une soirée, des amis d’amis que finalement on ne connaît pas vraiment, des contacts professionnel…etc. Pour cela, les « groupes » ont été inventés afin de classifier tout ce beau monde.

Regrouper, trier, catégoriser, identifier ses amis …et finalement déclassifier

Chacun a ses propres critères. On peut évidemment trier ses amis par origines (boulot, études, sport…), par ancienneté, par proximité (géographique ou sentimentale), par centres d’intérêts, par fréquence de fréquentation…etc. En faisant des recherches, je suis tombé sur un billet intéressant qui identifie 3 catégories: « amitié par intérêt » – « amitié par plaisir » – « amitié achevée fondée sur la vertu ».

Pour ma part, j’ai simplement construit un tableau Excel dans lequel j’ai pu identifier:

  • 22 amis desquels je me sens proche (d’aucuns les nommeraient « bons amis »)
  • 19 amis avec lesquels j’aimerais développer notre relation (soit parce que l’amitié est récente, naissante, soit parce que ce sont des proches d’hier malheureusement un peu perdus de vue)
  • 31 amis que je pourrais voir malgré l’éloignement géographique (pour certains simplement parce que c’est déjà le cas). Paradoxalement, pour beaucoup je pense même que ça pourrait améliorer la qualité de notre relation.

Vient ensuite la phase la plus délicate, la plus douloureuse et la plus excitante, le tout à la fois: la suppression pure et simple de certaines personnes de votre liste. Pourquoi? Parce qu’ils sont toujours là mais dans un état au mieux d’inutilité, de stand-by, au pire de pompage de votre énergie! Vous pouvez aussi vous livrer à un exercice du genre « s’il n’en restait que 5 « .

Ceux qui n’ont jamais trier leur armoire de vêtements ne peuvent pas comprendre le bien-être que procure cet acte. Attention, je ne prétends pas jeter certains amis comme un vieux linge sale mais finalement d’optimiser et d’accélérer un phénomène naturel de l’évolution de la vie. Pour donner une analogie: la plupart des gens vont se marier, et attendent le grand amour; d’autres vont finalement catalyser le processus (en multipliant les sorties, en s’inscrivant sur des sites de rencontres…etc).


Reconstruire votre socialité sur des bases saines

Le tri est fait. Vient ensuite une phase ô combien plus enrichissante (surtout si à la lecture de la phase précédente vous étiez pris d’un certain dégoût): utiliser la place libérée, la quantité de temps, d’amour disponible pour d’autres personnes. Cela peut bien sûr être l’occasion d’enrichir un lien existant ou au contraire s’ouvrir d’autres perspectives.

A suivre…

Et vous, quel regard posez-vous (en essayant d’être le plus objectif, bien qu’omniscient) sur votre réseau d’amis?

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10 commentaires

  1. Les 7 ans dont tu parles réapparaissent souvent dans diverses études. Il semble que l’être humain fonctionne par cycles de 7 ans.
    J’ai pendant longtemps, pour diverses raisons, beaucoup déménagé. Ça me faisait mal au cœur à chaque fois de perdre mes amis. Maintenant que je suis devenue « sédentaire », je m’aperçois qu’on peut perdre des amis ou mettre volontairement un terme à des amitiés même en habitant dans la même ville.
    Une question: comment fais-tu pour faire annoncer diplomatiquement à certaines connaissances que tu ne les considère pas comme tes amis? Avec les T-shirts, c’est quand même plus facile 😉

  2. Lol: pas mal pour les T-shirts! 🙂

    Je pense que justement il n’y a pas d’effort à produire pour stopper une amitié.
    C’est une constance des relations humaines: si on entretient pas la relation, elle meurt (ou au moins se met en « sommeil », en standby). Si on veut la développer, l’enrichir, il faut s’y impliquer.
    De manière générale, ça s’applique aussi à l’amour et à la famille (avec des desseins différents).

    Jouer le « pourrissement » n’est pas très élégant, j’en conviens mais c’est le plus simple. Et ça permet en même temps éventuellement de tester la réciprocité (l’autre déploît-il des moyens pour faire perdurer la relation?).

  3. Intéressant cette idée des 7 ans. Cette période correspond justement à la durée de mes études universitaires et effectivement, je ne vois pratiquement plus aucun de mes « amis » de l’époque.
    Je suis moins convaincu par la notion d' »amitié par intérêt ». Je ne réprouve pas l’idée qu’il y a derrière – je suis moi-même lié à des gens « par intérêt » – mais je n’utiliserais pas le terme d’amitié. Les 3 catégories que tu as utilisées pour ton tableau Excel me paraissent par contre tout à fait pertinentes.

  4. Chacun doit à mon avis trouver SES propres critères.
    C’est un vrai travail de fond. Ca fait plaisir d’avoir beaucoup « d’amis » sur facebook: on se sent entouré, important, aimé. Mais en creusant, et je te rejoins sur le terme abusif « d’ami par intérêt », on s’aperçoit que ça nous bouffe de l’espace. La quantité qui tue la qualité en quelque sorte…

  5. J’adore l’image ce la dernière cène ! Fabuleux.

    En ce qui me concerne, l’amitité, ça vient, ça part. Voyageant beaucoup (4 ans par ci, 4 ans par là), on crée des relations qui ne sont pas forcément durables. Certaines le sont, mais tout évolue.

    Je ne me fixe aucune pression pour « garder le contact ». Je peux revoir des amis que je n’ai pas revu depuis des années, et reprendre la conversation là où nous l’avions laissée (c’est une image, bien sûr).

    Pour ce qui est de l’intérêt, ce n’est pas de l’amitié, mais de la politique.

  6. Oui, un « ami par intérêt » n’est pas un ami au sens usuel mais il faut bien classifier ce genre de relations.

    En revanche, je pense qu’il est important de cultiver les relations d’un « premier cercle ». J’ai par exemple il y a près d’un an « intégré » un nouveau groupe et je sens bien le côté « pièce rapportée » qui s’estompe avec le temps mais qui est présent.
    Ce qui fait aussi le charme des nouvelles rencontres: la découverte!

  7. ChrisToonet dit:

    bonjour !
    le cycle de 7 ans se vérifie pour beaucoup d’ autres choses dans la vie ! pourquoi ? je ne sais pas !!
    les amis (dont votre classification me convient) se font et se défont au cours de ces cycles ! mais aussi se re-font ! exemple : depuis que je suis en province et avec du temps libre, je retrouve (grâce aux sites spécialisés pour les anciens de l’école X, de la caserne Y ou de la société Z), des anciens amis, et pour certains je découvre avec stupeur et regrets qu’ils habitent à coté d’où je vivais lorsque encore à Paris, heureusement il y en a un qui, par hasard se trouve à 25km de chez moi !!!

  8. @ ChrisToonet:
    J’imagine difficilement renouer avec un vieux pote de lycée:
    _ d’un côté un fossé dû à nos chemins empruntés différents depuis la séparation (et surtout cette sensation bizarre de découvrir quelqu’un qu’on est censé connaître)
    _ de l’autre un spleen provoqué par le souvenir des bons moments (et l’impuissance de pouvoir les revivre alors que l’élément-clef – l’ami – est « sous la main »).

    Comment se passent pour toi ces retrouvailles? Quels sentiments s’en dégagent?

  9. ChrisToonet dit:

    Pour moi une rencontre imprévue : un ancien de l’école à Paris habite à 25 km de mon domicile actuel en province !! On s’est vus et revus plusieurs fois ! Une fois passé le moment des souvenirs on a basé notre relation sur le présent et çà colle bien (en plus çà marche aussi entre nos épouses) !

  10. Je suis d’accord avec vous pour la durée des ces cycles d’amitié qui auraient tendance, chez moi, à être plus proches de 10 ans que de 7.
    J’ai également constaté que d’anciennes amitiés pouvaient évoluer de façon surprenante: des personnes avec lesquelles je n’avais pas ou peu d’affiités ont évoluées différemment et nous avons maintenant plein de centres d’intérêt en commun. L »inverse est également vrai : des gens que nous aimions beaucoup s’avèrent décevants. J’ai également constaté qu’avec l’âge ,les amitiés qui se créent peuvent l’être avec des personnes ayant plus ou moins vingt ans de moins que moi et que l’on se constitue différents cercles relationnels que l’on pourrait difficilement mélanger.

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